Menu

Smart-Cities en Afrique : Quel avenir?

Dans : Dossiers

Le Big Data va permettre de faciliter l’essor des Smart Cities. Découvrez comment les technologies analytiques vont rendre nos villes plus saines, plus agréables et plus vivables et dans quelle mesure le continent Africain se prépare à cet avenir?

Le concept de Smart Cities a le vent en poupe. D’ici 2020, ce marché pourrait atteindre une valeur de 400 milliards de dollars. En théorie, ces villes intelligentes et connectées pourraient permettre de réduire la pollution, d’améliorer la propreté, de résoudre les problèmes de parking, et d’économiser de l’énergie. Dans la pratique toutefois, l’implémentation de ce concept se confronte à plusieurs problèmes. Néanmoins, grâce au Big Data et à l’Internet des Objets, ce projet utopique pourrait enfin aboutir.

Songdo, la première Smart City

Pour illustrer l’impact du Big Data sur l’implémentation des Smart Cities, on peut prendre l’exemple de la ville sud-coréenne de Songdo, rassemblant 65 000 habitants et 300 000 travailleurs. Depuis le début des années 2000, un projet à 35 milliards de dollars a été lancé pour rendre transformer cette ville en une cité connectée. Ce projet d’envergure implique notamment la firme Cisco, qui s’est assurée que chaque parcelle de cette ville bénéficie de la fibre optique. À ses côtés, on retrouve également 3M, Posco E&C et United Technology.

Songdo, la ville du futur.
Songdo, la ville du futur.

Voici quelques-unes des innovations apportées par ce projet. Le trafic automobile sera constamment mesuré et régulé grâce à des puces RFID intégrées aux automobiles. Ces puces permettront d’envoyer les données de géolocalisation vers un centre de surveillance chargé d’identifier les zones de congestion. Par ailleurs, les citoyens pourront consulter à tout moment le statut et les horaires des transports publics par l’intermédiaire de leur smartphone.
La collecte des déchets permettra également de générer des données. Les habitants pourront utiliser une carte à puce pour générer des données. L’objectif de la ville est d’éliminer le besoin de camions poubelles. Chaque foyer disposera d’une unité depuis laquelle les déchets seront directement aspirés et transférés vers le centre de traitement. Les déchets seront utilisés pour générer de l’énergie pour la ville.
Les données permettront également de rendre la ville plus sûre pour les citoyens. Par exemple, les enfants dans les parcs seront munis de bracelets connectés permettant de les localiser en cas de disparition.
Il sera également possible de mesurer la présence humaine dans une zone particulière à un moment spécifique pour ajuster l’éclairage urbain en fonction. Dans les zones dépeuplées, certaines lumières s’éteindront automatiquement pour économiser de l’énergie.
Toutes les maisons, équipées de capteurs domotiques, peuvent être contrôlées par le biais d’un écran de télévision situé dans le salon. Les écrans de téléprésence seront aussi disposés dans les bureaux, les hôpitaux, les écoles et les centres commerciaux.

LES SMART-CITIES EN AFRIQUE : QUEL AVENIR ?

Bien que le continent n’en soit pas encore à ce stade, certains pays d’Afrique connaissent un essor fulgurant, comme en témoigne cette carte interactive représentant l’innovation en Afrique.

Des villes qui ont commencé à adopter l’esprit « smart-city »

Un essor à vitesse grand V : l’exemple du Benin

Le Bénin qui a inauguré très récemment le lancement du Bénin Smart City, qui sera implantée au sein du quartier de Cotonou. La ville projette de créer ce nouveau pôle numérique, dont le chantier a débuté le 11 Février 2016. Le président du Bénin, Thomas Yayi Boni, a souhaité mettre en avant le fait que «L’économie numérique est la source première de la modernité de ce 21ème siècle. Si nous voulons renforcer notre croissance et la mettre à l’abri de tout aléa, c’est dans ce secteur que nous devons investir ».
Le projet Benin Smart City, c’est :
– Un espace de 12 hectares
– 120 millions de dollars investis
– Des incubateurs pour start-up, des data-centers, des banques, des centres commerciaux ou encore des centres de conférence.
– Plus de 50 000 emplois créés
Avec l’essor d’Internet, tout un écosystème numérique permet la création d’emplois et participe au développement de la ville. Ainsi, le Bénin entend devenir un pôle numérique majeur de l’Afrique de l’Ouest.

Enrichissez votre lecture :  Innover, grâce à la Co-création en ligne

Des exemples de Silicon Valley africaines:

Konza City ou Silicon Savanah (Nairobi, Kenya)

Au sud de Nairobi, se trouve la Silicon Valley nommée Konza City, ou encore Silicon Savanah, un des pôles numériques les plus réputés sur le continent africain. Ce pôle regroupe à ce jour des entreprises telles que Google, Intel, IBM, Samsung, Nokia et Microsoft, qui y ont d’ores et déjà installé leurs sièges.
Ce hub doit son succès à la montée en flèche de la téléphonie mobile au Kenya, notamment grâce au paiement via SMS mis en place en 2007 par Safaricom, l’opérateur historique du pays. Depuis, cette fonctionnalité permet de générer plus d’un milliard de dollars par mois, un service qui représente 15% du chiffre d’affaire de Safaricom. À cela, s’ajoute un système éducatif très performant, les Keynyans faisant parti des diplômés les mieux classés à l’échelle internationale. Grâce au iHub, un espace de rencontre et de co-working, permettant aux étudiants, aux ingénieurs et techniciens, aux chercheurs, ainsi qu’aux investisseurs de se retrouver, et d’échanger leurs idées, de nombreux projets innovants ont vu le jour.
Konza City en quelques chiffres :
– 14,5 millions de dollars
– 2000 hectares de savane réaménagés, accueillant 1,5 millions de mètres carrés de bâtiments
– 30 000 emplois créés d’ici 2017, et plus de 200 000 emplois dans un délai de 15 ans
– Près de 250 startups, incubateurs ou universités
Près de 15% des kenyans utilisent leurs smartphones pour surfer sur internet, soit 30 millions de personnes. Des marques chinoises de téléphonie mobile comme Infinix ou InnJoo proposent des smartphones dès 60 euros, avec l’accès à la 2G et à la 3G. Ainsi, la population locale privilégie le téléphone portable pour communiquer, et c’est sur cet aspect que les recherches tendent à se développer.

Yabacon Valley (Lagos, Nigeria)

Weekly Prospective
Recevez chaque fin de semaine, notre sélection d'articles.

Le Nigeria donne le « La » et cela fait quelques années déjà que la ville est dotée de sa propre Silicon Valley entièrement dédiée au monde du numérique, la Yabacon Valley. Dans le quartier de Yaba, de nombreuses start-up voient le jour, et tout est réalisé en réseau.
La ville doit notamment cette réussite à ses précurseurs du net, que sont Jumia et Jobberman. Jumia est une plateforme e-commerce, filiale de Rocket Internet, et Jobberman est une plateforme dédiée à la recherche d’emploi. Cette dernière a d’ailleurs lancé un nouveau projet en partenariat avec Microsoft : développer la recherche d’emploi au Kenya, Ghana, Rwanda, en Ouganda, Tanzanie ainsi qu’en Ethiopie. En 2015, Jobberman comptait déjà 1,5 millions d’utilisateurs, et avait placé 70 000 personnes. Toute cette effervescence laisse présager d’un boom de villes connectées dans les prochaines années, ce qui, pour un continent riche de plus de 1.2 milliards d’habitants, représentera une fantastique opportunité pour les acteurs locaux et internationaux.

Commenter

Smart-Cities en Afrique : Quel avenir?

6 min




Avant de changer le monde,
Il faut le comprendre.

 

Suivez-nous:


Rejoignez la communauté
OVNI sur votre réseau préféré.